Tiffany Marsoin nous présente la RSE

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Tiffany Marsoin nous présente la RSE

Tiffany Marsoin

27 ans, mariée, 2 enfants
Région de Rennes, 35

©MathildePiaudPhotographe
  • Communication
  • RSE
  • Handicap

Bonjour Tiffany, peux-tu expliquer ton parcours professionnel ?

J’ai un niveau Bachelor Marketing Business Unit option Communication. Mon parcours pro, depuis l’âge de 16 ans, est assez diversifié pour ne pas employer le terme tellement connu “Atypique”. J’ai été aussi bien Assistante Commerciale pour une agence de publicité en ligne, que Conseillère pour des chaussures, puis Responsable d’un magasin d’optique ou dernièrement Responsable Communication d’une start-up parisienne dans les télécommunications.
D’ailleurs, c’est dans cette dernière que j’ai perdu mon job… pendant le covid. L’entreprise étant indirectement liée au secteur du tourisme, nous avons subi de plein fouet les premiers impacts en janvier 2020. Ainsi, le premier poste support à ne pas être considéré comme utile a été le mien, j’ai donc été licenciée pour motif économique.
Ce qui est “drôle”, c’est qu’en terme de timing, j’ai créé mon activité, Ça Papote, la veille d’apprendre ce licenciement… Coïncidence ? Est-ce une opportunité ou une folie de lancer son activité en pleine pandémie ? Allez, je vais partager la version positive : opportunité. Opportunité de prendre le temps de se positionner, de réfléchir son offre, de cerner son marché, de se définir véritablement sur une activité hyper concurrentielle, puisque je propose un service de consulting en communication, un accompagnement RSE et des interventions écoles / entreprises autour du handicap.
8 mois après avoir été licenciée, je n’ai eu qu’un seul entretien d’embauche. De quoi se poser la question : vaut-il mieux persévérer dans la voie du salariat ou bien dans celle du freelance…?

La RSE, si on la décortique c’est la Responsabilité Sociétale des Entreprises. Mais est-ce que ça serait pas quelque chose de plus profond ? Faire un constat à l’instant T, c’est bien. Telle entreprise a telles difficultés donc telles solutions, c’est ok. Je pense que ce qui est essentiel de connaître surtout : c’est l’Humain. In fine, c’est s’interroger sur une question aussi simple que complexe : quelle est la raison d’être de l’entreprise ? Quand on lance son activité qu’elle soit associative, artisanale, petite entreprise quelle qu’elle soit, c’est avant tout un parcours de vie et d’expériences, porté par une personne qui, par passion souhaite avant tout : partager. Clairement, c’est une valeur fondamentale de notre chère RSE. Du coup, l’enjeu est simplement de s’intéresser à cette personne créatrice de projet, qui en a fait “naître” d’autres et qui ensemble ont formé un projet collectif qui, petit à petit sont devenues des TPE / PME / ETI… C’est avant tout une idée, une personne, des valeurs qui font qu’une entreprise existe. D’ailleurs, petit aparté, dans le mot entreprise, ce n’est pas QUE une société. C’est une véritable ENTREPRISE. Entreprendre, selon Larousse c’est “Commencer à exécuter une action, en général longue ou complexe”. Dans cette notion d’entreprise il y a plusieurs choses qui se rapportent à la RSE : une action longue ou complexe. Voire les deux en fait si on réfléchit bien ahah.

Je n’ai aucun process à communiquer. Pour la simple et bonne raison qu’il n’y a pas de recette miracle ! C’est ça la magie de la RSE, c’est plutôt cool, non ? Il y a cependant un élément essentiel : Et si la clé c’était le temps ?

Dans cette société où tout évolue très vite, ce temps est devenu un Graal. Avoir le temps de faire les choses collectivement de manière posée, réfléchie pour trouver des actions durables et responsables : voilà l’enjeu majeur de notre actualité, de l’année 2021. Preuve que le temps peut faire de jolies choses, en début d’année, des entrepreneurs ont lancé l’initiative Time For The Planet, où chacun peut devenir associé de l’entreprise. L’objectif ? Récolter 1 milliard d’euros pour pouvoir créer 100 entreprises / startups qui auront une seule vocation : lutter contre le réchauffement climatique. Ça se passe en France, avec une portée internationale, et tout le monde, qui que ce soit peut participer à ce mouvement. En quelques mois, ils ont déjà récolté presque 1 million d’euros pour plus de 4 500 actionnaires. Les investisseurs tels que la BPI France ont bien compris que ce qu’il se passe n’est pas du greenwashing (qui pour rappel, se différencie de la RSE par le simple fait que les actions n’existent pas dans le greenwashing, mais sont bien réelles dans la RSE) et ont d’ailleurs signé une charte permettant de favoriser l’investissement dans les projets porteurs de valeurs notamment par le biais de la RSE ! Aujourd’hui, seules les entreprises de + de 500 salariés sont soumis au DPEF (Document de Performance Extra Financières), détaillant ces mesures prises en faveur de la RSE; à priori la jauge descendra à 250 employés en début d’année, pour petit à petit finir par devenir une obligation pour tous… À ce jour, des organismes tels que AFNOR ont un référentiel, le fameux ISO 26000 pour avoir en main les améliorations, les attentes RSE, mais ne fait pas encore l’objet d’une certification avec audit. Cependant, des acteurs comme le label LUCIE ou encore ECOVADIS permettent d’obtenir un label qualité reconnu sur des référentiels similaires. Mais bien souvent, les discours se tournent vers les PME, ETI, qui ont des services associés, des pouvoirs d’investissement certains… Moi la question sur laquelle je m’interroge c’est : qu’est-ce qu’on fait des plus petits ? les artisans ? les TPE ? Les commerçants ? pour qui cette notion de RSE pour beaucoup n’est même pas connue ? Est-ce que notre devoir à toutes celles et ceux qui en conscience de ces actions à mener n’est pas justement de sensibiliser, d’informer, de former TOUS nos acteurs sur notre territoire ? Nos collectivités locales ? Nos associations ? Car ce sont TOUS les acteurs qui, mobilisés, pourront faire changer les choses. Les enjeux dépassent les attentes économiques connues jusque là à vouloir toujours plus de profit, à se moquer presque du bien-être des salariés et encore moins se préoccuper de son impact sur la planète. Ici, ce modèle de société vers lequel nous tendons parle de résilience, parle de valeur, parle d’Humanité. Mais qui a dit que la “performance” ne pouvait pas rimer avec “sens”, en fait ?

Les outils utilisés sont véritablement uniques en fonction de l’activité de l’entreprise. Toute la construction réside dans l’agilité de l’organisation en place de mettre en valeur l’intelligence collective qu’elle possède, en favorisant le dialogue de l’ensemble des parties prenantes (fournisseurs, collaborateurs, consommateurs etc…). D’ailleurs pour pouvoir faire cet “état des lieux”, faire ce que l’on appelle une analyse de matérialité va permettre de hiérarchiser les enjeux essentiels liés à la RSE.

Deux ressources intéressantes pour une vision globale de l’organisation RSE :

Toute cette richesse va amener à une co-construction qui va positionner un élément essentiel sur la table : la Responsabilité.

Le sujet le plus connu et le plus d’actualité, malgré tous les sujets soient préoccupants : notre ENVIRONNEMENT.

D’où on veut prendre soin des humains sans prendre soin de leur environnement ? Du coup je trouve pas ça très logique. En plus, ce sont là les actions les plus rapides et les plus concrètes qu’on peut trouver à réaliser lorsque l’on met en place une politique RSE en entreprise. Avoir une politique de réduction des déchets, d’économie d’énergie, évaluer pour améliorer les consommations ressources (en eau, déchets, énergie, déplacements des collaborateurs), rénover ses bâtiments, tout plein d’actions concrètes et rapides peuvent être réalisées. Aujourd’hui cependant il y a une problématique, et pas des moindres, qui existe et dont très peu d’acteurs se préoccupent : la pollution numérique.

  • Vous saviez vous que cela représentait 4 % des émissions des gaz à effet de serre, soit 1,5 fois plus que le trafic aérien ?
  • Que si internet était un pays, il serait le 3ème plus gros consommateur d’énergie derrière la Chine et les USA?
  • Plus concret peut-être, est-ce que cela vous dérange qu’une ampoule soit allumée pendant 1 heure, comme ça ? Pourtant c’est exactement l’équivalent d’un email envoyé avec une pièce jointe, c’est ouf nan ?
  • Imaginez l’impact que la VOD ou Netflix ont en consommant de la donnée? Chaque post sur les réseaux sociaux ?
  • Chaque internaute rejette environ 10 kg de CO2 par an dans l’atmosphère.

Même si cela est invisible, c’est bel et bien concret. Enfin, ça fait quoi à la planète en fait? Pour tout ça, il faut construire des lignes sous marines permettant d’installer de plus en plus de câbles (qui nécessitent donc de l’eau, de l’énergie pour les produire), des Data Center sont placés au Pôle Nord pour les refroidir, mais imaginez bien que cela a des conséquences directes sur l’environnement sur place.

Heureusement, il y a des actions possibles pour pallier cette pollution comme trier ses mails, éviter les envois de pièce jointe quand le collègue est juste à côté, ou alors privilégier des plateforme de partage comme KLIP, version green de WeTransfer. Au lieu d’aller sur Google, vous pouvez planter des arbres grâce à vos recherches sur ECOSIA. Imprimer en utilisant moins d’encre ? Avec la police économique ECOFONT c’est possible.

Bref, un tas d’outils, d’actions sont possibles pour faire “moins pire” je dirai. Personnellement, c’est grâce à Inès Leonarduzzi, fondatrice de Digital For The Planet, que j’ai pu ouvrir les yeux sur tous ces sujets, pionnière en la matière et… Femme, de surcroît !

Dans la dimension sociétale, les enjeux sont multiples :

  • l’égalité Femme / Homme
  • l’égalité des salaires
  • l’inclusion des personnes en situation de Handicap
  • la formation continue …

Je crois véritablement qu’en respectant chaque collaborateur, chaque partenaire c’est donner la place à chacun.e qu’il a dans un projet. C’est lui permettre de s’exprimer, de s’engager et de participer à l’innovation de son métier, de son activité, de son entreprise.

Finalement, ce ne sont plus ces liens verticaux si fidèle à nos schémas occidentaux mais bien une organisation holacratique, c’est à dire imbriquées les unes dans les autres. Ça permet quelque part d’avoir certaine horizontalité qui font que la parole a la même force, la même place, la même légitimité : peu importe son niveau jusque là exprimé.

Clairement, imaginez, vous venez d’être embauché et votre chef dit :
“Bon il faut que tu fasses ça comme ça, y’a des process y’a juste à suivre et ça roule ok ?”
Et si il disait plutôt : “Alors, on a jusque là construit cette organisation comme ça, après n’hésite pas si tu vois des choses à améliorer !”

Quand l’un impose, l’autre propose : la différence c’est que la personne en face ose. Ou pas, et ça change tout 😉

Cette vision globale de notre organisation sociétale contribue largement à une augmentation naturelle des performances. Il n’est plus à prouver que la QVT, qualité de vie au travail, est au cœur des performances internes, en limitant ainsi les arrêts de travail, en augmentant ainsi les performances des entreprises et poussant la cohésion et l’humanité au plus haut, en faveur de tous les parties prenantes.

Au delà même de sa propre organisation, un collaborateur peut se montrer encore plus engagé grâce à son entreprise en se rendant utile pour une cause. C’est possible grâce à ce que l’on appelle le mécénat de compétences, comme KOEO le propose. Ce système est basé sur le partage des compétences des collaborateurs d’une entreprise, sur leur temps de travail, à des associations qui ont des besoins spécifiques comme : le soutien dans la création d’un site internet, le mentoring d’étudiants etc… Bien que ce temps dédié soit aux frais de l’entreprise, donc un investissement, ce coût est déductible des impôts de l’ordre de 60 % et permet de développer les compétences de ses collaborateurs voire même d’en créer de nouvelles. En gros, ça peut être Francis de la compta qui va pouvoir aider le club de Pépé Mémé Holidays pour leur bilan d’asso de fin d’année!

Une liste non exhaustive :

  • Pérennisation et développement de l’activité
  • Fidélisation et renforcement de la relation clientèle
  • Amélioration de l’image et augmentation de la confiance des partenaires
  • Élément de différenciation et d’avantage concurrentiel
  • Engagement et responsabilisation des équipes

Les avantages ne seront ressentis que si l’engagement est sincère. Si les actions menées sont faites avec sens, avec envie, avec motivation. Je pense que la RSE est avant tout une prise de conscience. Mais surtout une prise de conscience personnelle. Quand nous n’avons pas cerné les enjeux liés, il est difficile de s’impliquer à 100 %. Mais ce n’est pas grave ! La prise de conscience ce n’est pas comme un bouton ON / OFF que l’on active comme ça ! C’est pour cela que je trouve essentiel que chaque personne qui ait cette sensibilité puisse semer des graines ici et là dans les consciences collectives et que, encore une fois, le temps fera pousser gentiment, mais sûrement… La pédagogie reste l’élément clé de ce genre d’action. On n’est pas là pour se culpabiliser les uns les autres, on est là pour apprendre, pour s’améliorer, pour progresser tous ensemble !

Le plus simplement possible ! L’idée n’est pas de décider plus haut ce qui doit être appliqué : c’est ENSEMBLE que se construit la démarche et surtout : pas du jour au lendemain !

Un outil permet justement de sensibiliser en douceur et de manière ludique toute l’entreprise à ces enjeux, et ce par le jeu : Civi Time.
Je pense sincèrement que plus chaque collaborateur aura mis la main à la pâte, aura pris confiance et conscience de sa place et de sa force dans le projet collectif, plus l’engagement sera naturel et fort et qu’on laissera place à la créativité et l’innovation !

À l’inverse du greenwashing : dans la RSE c’est d’abord les actions PUIS la Communication. En faire des caisses parce qu’on a changé de fournisseur d’énergie verte : clairement ça n’a pas de valeur.
En revanche, prendre le temps de faire les choses, de les mettre en place, de les réfléchir, de les installer et pérenniser permettra de donner du poids aux informations transmises.
Rappelons tout de même que c’est par la transparence que la confiance des consommateurs naît. On sait tous la méfiance à cet égard, c’est pourquoi je trouve intéressant de se positionner sur une véritable Communication Responsable.

La logique RSE ce n’est pas se concentrer sur un sujet, mais bien l’ensemble de tout ce qui touche à l’entreprise doit être analysé, concrétisé vers ce fameux “sens” et doit se transformer en “actions”. Par exemple : Une entreprise qui fait du prêt-à-porter et qui oriente sa fabrication vers du bio : Ok, c’est environnemental. Mais si c’est fabriqué par des enfants qui n’ont que 3 € pour vivre par mois, vous trouvez ça “sensé” ?

C’est là toute la complexité de ce genre de politique mais à la fois toute la richesse dans sa réflexion et son application !

Et si en fait la RSE signifiait avant tout : Redonner du Sens aux Entreprises ?

Et si on avait tous une simple mission : celle de nous faire confiance, celle de nous écouter, celle de faire preuve de résilience, celle de croire en notre créativité ?

Et si, finalement, tout était déjà possible maintenant, et qu’il n’y a plus qu’à… agir ?

Pour répondre à ces questions, sachez que celles et ceux qui pourront y répondre ne sont autre que nous tous. La génération qui arrive est celle du concret, de l’action. Celle à laquelle j’appartiens personnellement est celle de la prise de conscience, de la réflexion, de l’éducation de la précédente génération qui a besoin d’adaptation, et à la construction des outils les plus pertinents pour celle d’après.

Cela passe par des phases de test, d’expérimentation, de définition, un vrai travail de recherche et surtout de dialogue et d’accompagnement. Une fois que ce travail collectif et solidaire sera suffisamment démocratisé, il sera de la responsabilité de toutes les générations confondues de passer à l’action, car on a toutes et tous accès à ces solutions !
C’est bien beau de dire “y’a qu’à faut qu’on”, mais maintenant on s’bouge !

Mais moi j’y crois. Avec des personnalités fortes, avec des histoires pleines de valeurs et d’authenticité, avec des humains passionnés par leur impact sur cette planète, sur la place de chaque individu dans notre monde d’où qu’il vienne, peu importe sa couleur de peau, son orientation sexuelle, son handicap, sa religion, son genre.

La clé selon moi du “succès” de ce genre d’action, je le répète, c’est : le temps et l’échange. Ce qui je pense met les dirigeants dans la difficulté de savoir s’ils ont tout intérêt à mettre en place ce type de fonctionnement, c’est clairement que le ROI sur du court terme ne sera pas le plus équivoque. On parle ici d’actions durables, qui prennent du temps. Je le répète : le temps est un véritable Graal pour les entreprises, pour cause : c’est la seule chose qui ne s’achète pas.

Visiter son site : Ça Papote

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